J’avais lu le billet rédigé par Yue-Yin sur ce livre voici quelques semaines et je l’avais noté dans un coin de ma tête. Alors quand je fus contactée par Suzanne pour le recevoir, j’avoue ne pas avoir hésité une seule seconde et … le verdict est très positif 🙂  et ce livre m’a permis de ne pas voir passer les heures de train.
Bien entendu, vous avez lu et relu des commentaires sur ce livre, mais je suis ravie d’ajouter mon grain de sel à la blogosphère car, réellement je me suis laissée gagner par la plume de Paolo Giordano.

La solitude des nombres premiers / Paolo Giordano. Traduit de l’italien par Nathalie Bauer. Seuil, 2009. 329 pages.
Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair.
Maffia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l’adolescence à l’âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s’effleurer et de s’éloigner dans l’effort d’effacer les obstacles qui les séparent.
Paolo Giordano scrute avec une troublante précision les sentiments de ses personnages qui peinent à grandir et à trouver leur place dans la vie. Ces adolescents à la fois violents et fragiles, durs et tendres, brillants et désespérés continueront longtemps à nous habiter.

Contrairement à ce qu’affiche le titre, une nouvelle fois, nulle crainte à avoir  si vous êtes en disgrâce avec les mathématiques, là n’est pas réellement le sujet.
Cette passion de Maffia n’est là que pour lui permettre de s’échapper, de s’isoler. Car, pour lui comme pour Alice, son pendant, l’isolement est de rigueur. Ils cachent par leur solitude, par leur comportement vis à vis de leurs corps, la souffrance d’un passé qu’ils veulent taire. Nul pathos à travers la plume de P. Giordano, juste une constatation, une présentation de ces deux êtres si proches et si lointains, qui parfois se complètent, parviennent à constituer un tout, mais que leur souffrance intime poursuit tout au long de cette vingtaine d’années durant lesquelles nous les suivons.
Plein d’espoir devant ces compléments, nous filons la plume de l’auteur qui, d’une pirouette fait rebondir la situation : la communication en dépit de tout reste trop délicate pour ces deux êtres si fragiles que leurs démons hantent en dépit des années. L’espoir demeure pour le lecteur, mais l’auteur choisit une fin distincte d’un schéma trop facile et attendu. Sans doute la raison a-t-elle dominé sur cette chute attendue par le lecteur. Néanmoins l’apitoiement n’est toujours pas de rigueur et la fin nous entraîne vers le sourire et… la tristesse.

Merci à Chez les filles et aux Editions du Seuil.

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