Non je ne vous entraîne pas dans une lecture historique, mais bien dans le domaine du fantastique avec le 2nd roman publié par la jeune maison d’édition Griffe d’encre.
Cette principauté peut être ne vous dit pas grand chose, à moins que vous ne soyez férus de géographie ou du sujet qui va suivre 🙂
Si je vous dit : Vlad Tepes, les neurones doivent commencer à cogiter. Summum si je vous parle de Bram Stoker.
Là je crois vous avoir tout dévoilé ou presque … Ne me reste plus qu’à vous parler de :

Lemashtu : Chronique des strygues / Li-Cam. Griffe d’encre éditions, 2009. 399 pages
Lemashtu Dracul, futur Roi de Walachie, a dû fuir la Roumanie et l’oppression dont sont victimes les siens.
En exil à Londres, il a pour seuls compagnons deux stryges : Féhik, un prêtre dont la sévérité n’a d’égale que la propension aux sarcasmes ; et Aratar, un maître enseignant suspicieux et moralisateur.
Lem étouffe sous la surveillance constante de ses aînés et les innombrables règles de sécurité édictées par le Vatican. Il aimerait pouvoir vivre comme les autres adolescents.
Mais Lem n’est pas humain. À l’aube de ses quinze ans, il sent monter en lui des pulsions obscures et commence à prendre la mesure de sa véritable nature.
L’arrivée de Liéga, un jeune strigoï, vient bousculer son morne quotidien et le confronter à la vérité.
Et si Lem se trompait, s’il était infiniment plus précieux qu’il l’imaginait…
Si c’était lui qui était en danger

Mêlant habilement faits historiques et l’imaginaire Li-Cam nous plonge dans la vie de Lemashtu, dernier voïvode, descendant du légendaire Vlad Tepes.
C’est dans un quotidien « banal » de lycée seulement perturbé par la personnalité et le physique du héros, qui attire les regards et la peur mais qui aimerait être à l’image de ses pairs, tout en connaissant sa différence, que nous entraîne l’auteur.
Habilement elle intercale dans les pages du récit des « archives » qui nous permettent de mieux comprendre l’évolution et la position du Vatican par rapport aux stryges, et parallèlement de mieux percevoir la personnalité de Féhik, le prêtre et parrain de notre héros.
La place de l’Eglise, les travers de l’histoire, de l’extrêmisme et la peur de la différence joue un rôle essentiel dans ce roman. C’est ainsi que le retour d’une branche extrêmiste :  « Le bras de la miséricorde et de l’expiation » va permettre au jeune Lemashtu de
se retrouver dans la situation qu’il espérait : se mélanger aux jeunes humains qui ne sont en fait qu’une sorte de bouclier face à ce groupuscule. Inconscients du rôle joué par leurs amis Arthur, Pauline, Maria…, Lem et Liéga découvrent et apprennent la vie de leurs contemporains. Mais que vous soyez humain ou vampire, rien ne peut empêcher le destin et la volonté d’un groupuscule d’aller jusqu’au bout de leurs idées.
Etant juste amatrice de fantastique, je me suis rendue compte a posteriori, que l’auteur avait su tirer parti de bon nombre d’éléments connus de l’histoire du présumé ancêtre de Lem.
Mais Li-Cam a su également jouer habilement sur les peurs qui ont traversé les siècles, peurs liées à la religion, au mal incarné par le diable et les personnes différentes ou se comportant selon la société comme telle, et bien souvent nommés, les sorciers.  Comme lesdites socières  en leur temps, innocentes ou juste perçues comme un danger quelconque ou permettant l’élimination d’une personne génante, Lem est trainé par des hommes d’Eglise sûrs de leurs bon droit vers la mort.

Que vous dire de plus sans tout vous raconter ?
Un excellent moment de lecture 🙂
Les avis de Lucile et de Chiffonnette – Nous avons fait notre achat le même jour et la déception n’est pas à l’ordre du jour ;-D.

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