Aléas du calendrier, je n’ai pas prêté attention à l’ouvrage que j’ai mis sur le haut de ma PAL jeudi soir en me disant que j’allais commencer cette lecture samedi, et je viens à peine de remarquer la coïncidence du titre / sujet de ce roman en ouvrant cette page 😀
Il était écrit que j’allais vous parler d’amour avec :

L’amour comme par hasard / Eva Rice. Traduit de l’anglais par Martine Leroy-Battistelli. Le Livre de Poche, 2009. 532 pages
1954. Pénélope et Charlotte, de jeunes Anglaises issues de familles aristocratiques mais désargentées, sont folles du chanteur Johnnie Ray, qui fait fureur des deux côtés de l’Atlantique. Harry, le cousin de Charlotte, essaie de reconquérir une extravagante actrice américaine qui s’est fiancée avec un autre. Pénélope, elle, est subjuguée par l’irrésistible Rocky Dakota, un imprésario hollywoodien de vingt-cinq ans son aîné. Mais Rocky s’intéresse-t-il à elle ou à sa mère, une veuve éblouissante qui ne s’est jamais remise de la mort de son mari bien-aimé au champ d’honneur ?
Un marivaudage, dans lequel Eva Rice réinvente avec esprit les jeux de l’amour et du hasard, dans une Angleterre attachée à ses traditions, sur fond de rock’n roll…

D’emblée je me suis attachée à cette lecture, m’interrogeant sur les personnages que je suivais. Sur quoi allait bien pouvoir déboucher cette rencontre imprévue entre Pénéloppe et Charlotte, issue toute deux du même milieu social, mais avec un côté un peu plus excentrique, plus affranchie pour Charlotte. 200 pages se sont déroulées sous mes yeux durant lesquelles l’auteur nous présentait leur vie, sans qu’un soupçon de lassitude me gagne, mais je restais intriguée par le titre et la quatrième de couv.
Ce roman est raconté à la première personne par Pénéloppe. Nous la suivons au tournant des années 50, dans une Angleterre souffrant encore de l’après-guerre (les tickets de rationnement cessant enfin en cette année 1954), année qui sera pour elle comme pour nous qui la lisons, le temps de la jeunesse, des amitiés, des rencontres…
Changements que l’on ressent également au travers de la musique, de l’influence grandissante des Etats-Unis : détronant le jazz, le rock s’installe ; les riches américains rachètent les propriétés familiales que les familles aristocratiques ne peuvent plus entretenir ; la radio reste un membre de la famille mais la télé est en passe de s’immiscer dans la vie quotidienne…
Tous ces éléments nous sont distillés avec beaucoup de finesse, et nous permettent de vivre au jour le jour la vie de Pénéloppe partagée elle-même entre le présent et son passé, représenté par le biais la grande maison familiale « Milton Magna »  qui, à elle seule, est un personnage à part entière, sachant faire souffrir ses habitants mais à laquelle ils ne peuvent se dérober, lien invisible de leurs existences. Cette maison est à la fois la famille, l’amour mais également un lieu de peine liée à la mort du maître de maison et aux frais que cette demeure demandent.
La féérie de la rencontre avec Charlotte ainsi que la présence de son cousin Harry, le magicien, vont amener Pénéloppe a modifié son comportement « so british » et lui permettre de s’affranchir de son enfance, de se confronter et à refermer des chapitres du passé tout en rencontrant l’amour. Bien entendu la chute semble évidente de ce point de vue amoureux, mais l’ensemble n’en demeure pas moins plus qu’agréable et on ne voit pas le temps passé au cours de cette lecture.
Tous les éléments extérieurs et influences signalées sont finement décrits, une impression de vie se dégage de ce journal. Légéreté et émotion sont réellement au rendez-vous de ce roman.
La coupe d’un Teddy Boy (les cheveux ramenés en arrière en forme d’aile de canard) (ducks arse)

Ouvrage reçu dans le cadre d’une  opération promotionnelle pour Le Livre de Poche. (Merci)

Hasard toujours, de ma playlist, cette fois

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