Mystic River / Denis Lehane. Traduit de l’anglais par Isabelle Maillet. Rivages Noir, 2004. 584 pages

Une nouvelle fois je vais encenser cet auteur 🙂 au cas où vous seriez  las de mes propos, autant vous prévenir tout de suite….
Comme je vous l’avais dit, j’ai vu l’adaptation réalisée par Clint Eastwood au moment de sa sortie, et j’en gardais un excellent souvenir. J’ai toujours une appréhension à lire une adaptation (l’inverse est également vrai), mais là je dois avouer que je n’ai pas du tout été déçue. La trame est bien conservée et le jeu des acteurs, Sean Penn notamment, résonnait en moi à la lecture de ce roman. Clint Eastwood a réellement su choisir ses personnages. Bien entendu, cela ne suffit pas toujours et le fonds de l’histoire – des histoires qui s’imbriquent les unes dans les autres – est saisissant.

4ème de couv : Ce jour de 1975, Sean, Jimmy et Dave sont loin de se douter que leur destin va basculer de façon irrémédiable. Une voiture s’arrête, deux hommes qui se prétendent de la police font monter Dave avec eux sous prétexte de le ramener chez lui. Il ne reparaîtra que quatre jours plus tard. On ne saura jamais ce qui s’est passé pendant ce temps.
Vingt-cinq ans après les faits, les trois garçons ont fondé des familles. Comme un écho au kidnapping de Dave, l’assassinat de Katie, la fille de Jimmy, va les mettre de nouveau en présence. A mesure que Sean, qui est devenu flic, mène l’enquête, ce sont autant de voiles qui se lèvent sur des vérités aussi troubles que les eaux de la Mystic River, dont les profondeurs recèlent bien des secrets inavouables. Roman très noir, mais aussi hymne à la vie, Mystic River nous touche droit au coeur.

Pas d’incessants flashback ici, mais juste un état des faits, de ce qui s’est passé ce jour là et comment ces enfants ont poursuivi leurs chemins avec leurs questions et leurs doutes. Cette tragédie de la perte violente d’une enfant, assassinat que nul ne sait expliquer et qui lance cette histoire n’est pas gratuite, elle se penche sur la confrontation de la perte d’un être cher, montre en quoi, nul ne peut sortir indemne de son histoire, de ses choix de vie et des regrets avec lesquels on doit vivre et avancer. Aucun des personnages de Lehane n’est innocent à ses yeux, comme vous pourrez le découvrir par vous même en lisant ce livre (ou en visionnant son adaptation).
Evidemment la gaieté n’est pas criante dans ce roman, mais tous les bons moments de la vie sur lesquels se penche Jimmy, par exemple, en songeant à sa fille vous rappellent que la vie est ainsi faite.
Page 202 (…) Et souvent, le plus insoutenable, ce n’étaient pas les victimes -elles étaient mortes, après tout, et au-delà de toute souffrance. Le plus insoutenable, c’étaient ceux qui les aimaient, qui leur survivaient et devenaient souvent des morts-vivants – des êtres brisés, en état de choc, le coeur déchiré, titubant à travers les vestiges de leur existence dans un corps vidé de tout sauf de son sang et de ses organes, imperméables à la douleur, qui n’avaient rien appris sinon que le pire survenait bel et bien parfois. » (…)

Si vous cherchez à lire ce qui est écrit sur l’affiche :

« On enterre nos péchés on ne les efface pas ».

Merci à Fashion pour ce prêt !!

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