Sans doute connaissez-vous Jean Diwo, car ce roman n’est pas son premier livre, loin s’en faut.
Néanmoins j’ai retrouvé les travers dans :

Moi, Milanollo, fils de Stradivarius / Jean Diwo. Flammarion, 2007. 389 pages

déjà ressentis au cours de ma lecture du dernier volume des « Dames du faubourg » : trilogie consacrée aux ébénistes et au faubourg Saint Antoine à Paris, le lieu de ces artistes dont les 2 premiers volumes m’avaient captivés, mais dont le dernier semblait vouloir avaler les siècles et nous brinqueballer à toute vitesse au travers des années, sans s’attacher aux personnages.
Souhaitant raconter la vie de Milanollo, violon né en 1728, j’ai éprouvé un sentiment similaire en de nombreux moments du roman. Même si ce violon a traversé les siècles, a eu une histoire mouvementée et croisé le chemin de compositeurs et musiciens prestigieux, je ne suis pas réellement parvenue à m’attacher à son sujet, si ce n’est au travers de
Teresa Milanollo qui lui laissa son nom.  Et cela est sans doute le fait que je ne connaissais pas cette musicienne et que le temps de quelques chapitres, Jean Diwo nous raconte sa vie et celle de ses proches.
L’autre élément qui m’a déplu est que l’auteur choisit de nous raconter ces siècles en se mettant dans la peau du Milanello ! Idée assez originale ? Si l’on veut. Pour ma part, j’ai cru réentendre la version de de « Piccolo, Saxo et cie« .
Si vous ne connaissez rien au violon à son anatomie, vous apprendrez quelques éléments, mais peut être serez-vous parfois perdu (?).
Vous croiserez compositeurs, artistes gravitant autour de la musique ainsi que quelques grands noms de ces siècles passés.

Sauf erreur de ma part (mémoire, mémoire, où es-tu ?) si vous souhaitez lire du Diwo lié à la musique, vous préférerez lire « Les violons du roi » (lu au moment de sa sortie).
Pour en savoir plus sur l’
art des luthiers :o)

Pour ma part, je retourne à Lehane & « Mystic River »

« Si je vous dis que je m’appelle Milanollo, né en 1728 et fils d’Antonio Stradivari, serez-vous étonné ? Peut-être pas. Mais si j’ajoute que je suis un violon doué de parole, de souvenirs, d’émotions, sans doute plus. J’en ai connu des aventures, en presque trois siècles d’existence : d’abord baptisé Coucher de soleil par Jean-Sébastien Bach, puis offert au Régent, j’ai fait vibrer la Pompadour comme Marie-Antoinette… Si les plus grands artistes m’ont permis d’être ovationné dans le monde entier, il m’est arrivé – hélas! – de vivre des moments douloureux. On a tué pour me dérober. La Révolution m’a fait fuir dans les bagages du virtuose Viotti vers l’Angleterre, où son confrère Dragonetti m’a ensuite envoûté, suivi par Paganini et la grande Teresa Milanollo. Plus récemment, j’ai appartenu encore aux fameux virtuoses Christian Ferras et Pierre Amoyal. Et aujourd’hui ? Eh bien, moi qui ai pleuré aux drames que mes maîtres ont vécus et éprouvé des bonheurs indicibles, je vous laisse savourer mes derniers chants, dans la magie du coup de théâtre qui referme ce livre. »

Publicités