Saluons ici le vendeur « Chouchou n°1 » de la lectrice chouchou chez qui je me suis procurée ce volume :o)
Pour tous les détails, c’est ici lol
Après ce bref aparté, passons aux choses sérieuses. Comme il est d’usage chez moi, j’ai acheté ce manga juste parce qu’il me plaisait, après l’avoir feuilleté quelques minutes, sans me soucier de la 4ème de couverture et sans trop me poser de questions.
L’ayant regardé de plus près une fois rentrée chez moi, je me suis posée quelques questions sur mon état lors de l’achat : oui le graphisme me plaisait toujours, mais bon certaines illustrations (4-5 pages en tout et pour tout, je vous rassure) étaient … oups  !! Au bord des lèvres …
Voici quelques extraits des éclaircissements de l’équipe de la rédaction de l’éditeur de la version originale :

(…) « On y retrouve des scènes d’une intense violence. Le sang coule et les viscères volent*, certains des personnages allant jusqu’à se sacrifier pour mieux exprimer leur point de vue. » (…)

[* quelle exagération, cela n’arrive qu’une fois sur 300 pages]

NE FUYEZ PAS !!!!

Si vous avez vu Kill Bill, vous avez vu pire, même si les passages en noir et blanc atténuaient énormément l’impact de la violence. Ce manga est en noir et blanc et, comme je le faisais remarquer, ces pages sont en nombre inférieure et se justifient par la profession des personnages.
Ce gekija est consacré à des hommes et des femmes incarnant les valeurs du Bushido. En une phrase (qui en donne forcément une version simpliste) : un code strict de l’honneur et de la loyauté jusqu’à la mort.
Grâce aux archives et à son imagination, l’auteur met en scène des situations mettant en avant la philosophie du Bushido et les arts martiaux. Ils nous montrent la vie et les difficultés auxquelles ces hommes et femmes sont confrontés dans leur volonté de respecter leur idéal. Parallèlement c’est un peu d’histoire à laquelle nous avons accès via quelques explications de la vie seigneuriale de l’époque. En dépit de cette philosophie, le monde politique n’est pas absous de personnages avides à la richesse et au pouvoir.
Chaque nouvelle est traitée avec recherche, et toutes les 2 « histoires », l’auteur nous raconte, sur une page et en se mettant en scène, avec humour et/ou sagesse l’origine de sa narration. Il nous explique comment il a découvert le personnage et ce qu’il est advenu ainsi que sa descendance.
Le trait du dessin est agréable, jamais grossier et il a créé pour chaque héros une physionomie intéressante. Cf en particulier le personnage de Saitô dans « Dix ans, cinq cents koku » ;  le passage au personnage féminin de l’histoire qui suit au niveau physionomie notamment, est frappant.
Toutes les histoires ne me semblent pas égales, mais certaines m’ont plus touchée que d’autres.
La seconde et la 11ème sont sur un sujet identique mais le traitement de l’illustration diffère néanmoins car Hiroshi Hirata les a dessinées à 30 ans d’intervalle.
Je vous invite également à lire la postface ainsi que les éclaircissements rédigés par la rédaction de l’éditeur de la version originale.
Bref :
– Un volume a ne pas laisser entre toutes les mains en raison de la violence de certaines illustrations,
– Une découverte à faire tant au niveau du graphisme qu’au niveau narratif et historique.

Hiroshi Hirata - La force des humbles.La force des humbles / Hiroshi Hirata. Traduction de Jacques Lalloz et Tetsuya Yano. Delcourt, 2008. 303 pages
Oubliés par l’histoire officielle, les hommes et les femmes que Hiroshi Hirata nous fait découvrir dans ce recueil composé de onze nouvelles, ont tous pour particularité de n’avoir vécu qu’en accord avec eux-mêmes, avec les valeurs profondes et altruistes qui les animaient. Incarnant la quintessence de l’Esprit du Bushido, la Voie du Guerrier, leur vie autant que leur mort exprimèrent compassion, sens du don de soi et du sacrifice face aux situations extrêmes qui peuvent mettre en péril l’harmonie d’une communauté. Eloigné de la petitesse des préoccupations égocentriques et intéressées de la majorité des soi-disant élites qui prétendent nous diriger, penser pour nous ou nous distraire, La force des humbles est une bouffée radicale d’espoir à méditer. Maître incontesté du gekiga, Hiroshi Hirata est reconnu au Japon comme l’auteur perpétuant la philosophie du Bushido et l’Esprit des Arts Martiaux. De plus en plus rééditées, ses œuvres sont en train de passionner dans son pays une nouvelle génération. Depuis l’adaptation, en France- de Satsuma, l’honneur de ses samouraïs- les projets de traduction des livres de cet artiste et calligraphe de grand talent, se multiplient tant en Europe qu’aux Etats-Unis. A plus de soixante-dix ans, Hiroshi Hirata continue à réaliser des histoires de guerriers nobles au grand cœur…
Les onze nouvelles : * Là où Dôkei a pris racine, * Ce remède miracle que je vous présente humblement… , * Ni l’un ni l’autre, * Le molosse fou, * Le samouraï au brin de fil, * Grogne autour d’un enterrement, * La mère hercule
* Le guerrier forgeron, * Dix ans, cinq cents koku, * Rui, la beauté travestie, * Se sacrifier à la table du seigneur.

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